La
clef était encore là dans le tiroir avec les souvenirs.
Elle a ouvert le coffre où étaient rangées depuis
vingt ans les premières gravures. Je cherchais le filon oublié,
l’origine de ces images. Je voulais refaire avec une nouvelle production
numérique le chemin parcouru dans le passé. Tout à
coup le déclic, le lien qui manquait m’est apparu: c’était
un grand livre d’images depuis longtemps rangé. Je revois
une jeune artiste qui se cherchait un vocabulaire, des signes, des symboles,
des métaphores, une manière de traduire sa vision de la
vie. Ces images m’avaient guidée. J’avais pour un temps
éliminé la perspective, mais incorporé la narration.
La couleur était devenue poésie; elle était riche
et intense. La surface gravée a été profondément
texturée par l’aquatinte. J’avais transposé
dans mes gravures à l’eau-forte la narration poétique
de Paul Klee. |