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Ces estampes de Julianna Joos sont
inspirées par un atelier de luthiers situé sur la rue Rachel à
Montréal.
Ce lieu semble issu d’un autre siècle; l’atmosphère,
le rythme, la quiétude qui en émanent appartiennent à une
autre époque. En franchissant pour la première fois le seuil de
la vieille bâtisse en pierres grises j’ai eu l’impression
de passer, comme Alice, de l’autre côté d’un miroir.
Laissant dernière moi la circulation bruyante de la rue et le pas fébrile
des passants je pénétrai dans un monde où la vie s’écoulait
à un autre rythme. Ici pas de stress, pas de bruit excepté celui
des instruments qu’on accorde, j’ai été séduite.
Je suis revenue avec ma caméra dans le but de capturer sur film ce qui
de cet endroit m’avait tant touché. À partir des photos
prises sur les lieux j’ai créée des estampes qui essayent
de traduire ce qui de ce lieu m’a tant troublé. Était-ce
la lumière qui entrait à travers les multiples fenêtres?
Était-ce ces violons accrochés en rangs sur les cimaises? Était-ce
le rythme formé par la répétition des formes courbes? Ou
bien était-ce la forme elle-même du violon?
Cette aventure m’a confrontée aux notions du temps et de l’art.
On fabrique des violons comme on fait de l’estampe depuis le 16ème
siècle. Le violon comme l’estampe a traversé des siècles
de progrès technologiques survivant et s’adaptant à chaque
époque. Les ateliers d’estampe comme les ateliers de luthiers sont
des lieux de refuge pour les artistes loin du bruit et des tourbillons de notre
monde en mutation perpétuelle.
Ces estampes originales sont souvent présentées sous forme de
diptyques, utilisant des procédés photographiques et des techniques
traditionnelles de gravure comme l’eau-forte et l’aquatinte. Les
œuvres montrent la perméabilité de l’estampe originale,
sa capacité d’absorber les nouvelles technologies et de les intégrer
aux techniques traditionnelles.
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